Je suis maman et je slashe - Marie Mastras - rédaction et calligraphie
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Je suis maman et je slashe

« Et toi, tu fais quoi dans la vie ? » La question qui tue. Et à laquelle j’ai toujours eu du mal à répondre parce qu’elle suscite des réactions aussi diverses et variées que les idées préconçues et autres croyances qui sévissent dans notre société. Mais, pour que vous sachiez à quoi vous attendre dans ce blog, je vais enfin essayer de me définir. Je suis une slasheuse.

Une situation qui interpelle

Dans un premier temps, ma réponse surprend : « C’est quoi ça ? ». Mes interlocuteurs cherchent la blague, le jeu de mots. Pour la petite définition, un slasheur ou une slasheuse est une personne qui cumule plusieurs activités professionnelles. Le terme vient du mot « slash », couper en anglais. C’est la petite barre oblique sur le clavier qui sert, dans la langue française, à indiquer un choix, à établir une liaison. Je suis maman de deux enfants et j’exerce plusieurs métiers. Donc, par définition, je suis une maman slasheuse.

Aimer avoir plusieurs vies

Beaucoup de personnes slashent par besoin et non par choix. Afin de pouvoir offrir une vie plus qu’une survie à leur famille. Je n’ai pas été dans cette situation. Mon premier travail pouvait financièrement me suffire. Intermittente dans l’audiovisuel, j’ai toujours eu la chance (j’aime à croire que c’est aussi une question de mérite, pour avoir fait mes preuves) d’avoir assez de travail pour vivre. Mais, je ne m’épanouissais pas forcément. Du coup, j’ai pris une décision. Celle de reprendre mes études et de choisir une seconde vie professionnelle épanouissante. Mes interrogations tournaient principalement autour de la famille. Est-ce vraiment utile ? N’est-ce pas un peu égoïste ? Comment fait-on pour gérer sa vie familiale (comprendre, tu n’oublierais pas un peu ton mari et tes enfants ?) Ne se disperserait-on pas un peu trop ? Non, vraiment, pourquoi ce choix ?

Il y a autant de raisons que de situations. Parce qu’un hobby se transforme en passion et qu’on relèverait bien le défi d’en vivre. Parce que, contrairement aux idées reçues, c’est un moyen de s’organiser, de gérer son temps. Parce qu’on souhaite s’épanouir, s’écouter, tout simplement.

Alors, restons lucides. Être une slasheuse, ce n’est pas tous les jours la mélodie du bonheur. « Oui, en même temps, c’est ton choix, donc euh… ». Comprendre, tu as choisi ta situation, t’es gentille tu ne vas pas te plaindre ! Si, justement. Comme tout le monde, j’ai le droit de craquer de temps en temps. Parce que, comme tout le monde, je connais des moments de stress, d’anxiété et de doute. Si j’ai choisi mon parcours et que j’en accepte les contraintes et obligations, je n’en reste pas moins un être humain qui peut perdre pied face aux pressions, aux obstacles, aux échecs.

Écouter ses ambitions sans prétendre être une super-héroïne

Slasher n’est pas de tout repos, notamment lorsqu’on a une famille. Il faut s’organiser pour être sur tous les fronts, sans trop en souffrir. Réussir à allier les multiples activités professionnelles, les devoirs, les activités périscolaires, les aléas de la vie type maladie, l’entretien de la maison, les courses. Bref, la vie quoi ! Et s’accorder, s’il nous reste quelques heures, un peu de temps à soi, juste histoire de déconnecter un peu.

Mais, je suis très bien entourée. Non, je ne suis pas capable de tout faire toute seule. D’ailleurs, je ne l’ai jamais prétendu. Et c’est là, qu’au lieu d’être une héroïne solitaire, je préfère le mode de vie partage des tâches avec ma moitié ! On explique aux enfants que papa et maman, c’est la même chose : deux adultes qui ont décidé d’avoir des enfants à deux, donc de les assumer à deux. Si les deux ont un travail, alors les deux s’occupent des loulous et de la maison. Point. Depuis, je me régale : rédactrice, calligraphe, chargée de production audiovisuelle, documentaliste parfois. Et, parce que je cherche toujours quelque chose à faire, j’ai toujours un livre avec moi, j’essaie laborieusement de jouer du ukulélé, et, encore plus laborieusement, de chanter en jouant du ukulélé. En tout cas, Slasheuse ou pas, ce que ma petite tribu doit comprendre c’est qu’une femme épanouie est une maman épanouie !